Peur


C’est un billet de toli, un d’il y a bien longtemps qui m’a fait écrire ce billet très –trop ?– perso ; j’ai mis longtemps à me décider à le publier.

Cinq ans, peur de l’infirmière qui vient pour la piqûre bi-quotidienne, et à l’autre bout de l’appartement, le bruit des seringues qui s’entrechoquent dans la casserole où elle va les stériliser, ses pas qui se rapprochent ;
Frayeurs nocturnes dans l’obscurité de ma chambre, peur des ombres à la fenêtre, peur de m’endormir et de ne pas me réveiller. Peur des autres et de leur regard, peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de ne pas être comme les autres. Peur de la solitude, peur de la foule, peur du rejet.

Cimetière du Montparnasse

Angoisse de ne pas être à la hauteur, d’avoir l’air bête, qu’on ne m’aime pas. Peur des disputes et des affrontements de toutes sortes, petites lâchetés pour les éviter. Peur de décoller, peur d’atterrir, frousse devant trop d’oiseaux, peur d’oublier et d’être oubliée.
Angoisse du vertige, peur des hauteurs.
Peur de la violence, de la colère, de la haine.
Peur du racisme, du mien et de celui des autres.
Peur de la mort, de celle des autres surtout, peur de vieillir, peur de faiblir, peur de ne plus pouvoir marcher, peur d’avoir mal, d’être à la merci des autres. Peur de dire non, peur de dire oui.
Peur du cancer, qui revient, lancinante, à chaque analyse, à chaque visite médicale, peur du dentiste.
Trouille en voiture, au volant ou dans le siège du passager, je freine, je freine !

Vous avez peur, vous ? Ou bien je suis la seule trouillarde invétérée ?

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20 réflexions sur “Peur

  1. Bien sûr que non,tu n’es pas la seule. Un peu moins depuis que j’ai fait pas mal de « stages » en CHU (5 en tout). Je crois qu’on arrive mieux à la domestiquer.

    Bonne soirée, sans peur !!!

  2. La maladie me fait peur, pas la mort, enfin pas la mienne, celle de ceux que j’aime … sinon, je ne suis pas craintive, mais la colère, la violence et l’intolérance m’effraient …

  3. Dans un excellent film de Pierre Tchernia, tourné en 1988, Michaud, l’anti-héros joué à merveille par Michel Serrault, disait à son double (ou s’entendait dire…) : « Un homme, ça n’a pas peur ! ».

    Ce film, trop peu connu, est une référence chez moi.
    Et il est, notamment, une très bonne critique de ce cliché selon lequel un homme, un vrai, ne doit pas avoir peur.

    Mais n’oublions pas de préciser que, lorsqu’il reprend le dessus sur lui-même, il réussit quand même à vaincre ses peurs, à s’imposer dans sa vie professionnelle, et à s’en sortir avec les honneurs !

    Alors, la peur, normale, oui. Mais il faut aussi savoir la surmonter. 😉

    My two cents…

  4. I wonder if you know or have seen the poem below. Don’t we have all those little panic attacks at 3:00 in the morning.

    I really enjoyed your entry.
    ****************************

    The Death King
    by Anne Sexton

    I hired a carpenter
    to build my coffin
    and last night I lay in it,
    braced by a pillow,
    sniffing the wood,
    letting the old king
    breathe on me,
    thinking of my poor murdered body,
    murdered by time,
    waiting to turn stiff as a field marshal,
    letting the silence dishonor me,
    remembering that I’ll never cough again.

    Death will be the end of fear
    and the fear of dying,
    fear like a dog stuffed in my mouth,
    feal like dung stuffed up my nose,
    fear where water turns into steel,
    fear as my breast flies into the Disposall,
    fear as flies tremble in my ear,
    fear as the sun ignites in my lap,
    fear as night can’t be shut off,
    and the dawn, my habitual dawn,
    is locked up forever.

    Fear and a coffin to lie in
    like a dead potato.
    Even then I will dance in my dire clothes,
    a crematory flight,
    blinding my hair and my fingers,
    wounding God with his blue face,
    his tyranny, his absolute kingdom,
    with my aphrodisiac.

  5. Claude – Comme beaucoup de gens, je crains certaines choses. Je réussis tant bien que mal à surmonter mes angoisses. Mais j’ai une très grande peur, celle de vivre ma mort avant qu’elle frappe à ma porte. C’est si facile parfois de s’abandonner, d’accepter la passiveté. Permets-moi de partager ce que j’ai écrit pour mes soizante-dix ans:

    Dans la vie
    on ne compte pas heures et années
    seulement
    les battements vifs d’un coeur aimant.

    Il faut dormir d’un sommeil plein,
    rêver d’étoiles, oser un geste fou,
    pleurer à flot, rire aux éclats,
    savourer la douceur tendre d’un matin triste,
    la solitude, mais non l’isolement,
    l’amitié, mais non l’encombrement.

    Il faut découvrir avec passion
    son âme et Dieu,
    un poème, un tableau, une symphonie,
    les nuances de chaque saison,
    l’unique beauté de chaque amour.

    Dans la vie il faut
    ne pas compter, mais tout donner,
    souffrir, mourir, renaitre, grandir,
    vivre d’espoir, et n’espérer rien
    que la richesse de ce moment
    et l’Éternité de Dieu.

    (Septembre 2000-Claude Prévost Gamble)

    Avec mon amitié et meilleurs voeux.

  6. La trouille ???
    C’est moi qui l’ai inventée…
    mais c’est vrai que quand on a peur comme ça, on a l’impression d’être la seule et d’être timbrée.
    Bienvenue au club et merci, c’est rassurant de savoir qu’il y en a d’autres qui souffrent, ah ah ah !

  7. Je ne crois pas que ce soit une question de générations : on a tous la peur ou l’angoisse de quelque chose et ce en fonction des différents statuts que l’on traverse.
    Quelques exemples :
    Enfant : la peur de ne plus voir ses parents
    Elèves ou étudiants : la peur des examens, de l’avenir (surtout dans la société où nous vivons maintenant)
    Parents : la peur de perdre son enfant, des maladies qu’il pourrait avoir, de ne pas l’aider correctement ou de ne pas pouvoir l’aider dans ses apprentissages, etc…
    Adultes : la peur de la maladie, de la vieillesse, de perdre ses parents, ses grands-parents (plus on vieillit, plus leur âge avance, et plus le risque est présent)
    Vieux : je ne sais pas j’aime à croire qu’il me reste encore qq années avant d’y parvenir…
    Malgré ces peurs que nous surmontons tous, plus ou moins, contraints ou volontaires, nous continuons à VIVRE car la vie nous apporte aussi beaucoup de joie et de petits et grands bonheurs à saisir lorqu’ils se présentent… CARPE DIEM

  8. Bien sûr, j’ai mes peurs moi aussi, certaines dont je ne suis pas trop fières, d’autres que je tente d’apprivoiser !
    Allez, nous ne sommes que des humains n’est-ce pas !

  9. Les gens qui n’ont peur de rien doivent être bien dangereux pour eux-même et pour nous!
    Les risques augmentent et diminuent sans cesse, mes peurs et mes soucis se mélangent, la ronde des « et si…??? » n’en fini pas, mais il ne faut pas leur donner la place d’honneur!
    Ne pas projeter dans la réalité le doute et les désastres, se concentrer sur ce qui est beau, positif et serein, c’est un travail de chaque instant.

    J’admire cette liste de peurs, je sais que de voir ces choses écrites les rend encore plus vraies, car il ne faut pas se mentir à soi-même. Mais maintenant laissez-lade côté. Construisez votre liste de joies et de certitudes et de projets, et lisez-la souvent!

    A bientôt!

  10. La mort des autres et ma propre mort pour les autres restent évidemment mes plus grandes peurs, ou appréhensions devrais-je plutôt dire.
    La panique liée à un dégoût incontrolâble, je la ressens en présence d’un rat ou d’une souris.
    Mais vieillir m’aide je dois l’avouer à maîtriser un peu mieux mes peurs, à les formuler et les raisonner.
    Et puis, comme disait mon arrière-grand-mère : « La peur n’évite pas le danger ! »

  11. Ben ton arrière grand mère elle a pas inventé la marche arrière Dada, je te ferai dire sauf ton respect cumin… Ma grand mère disait : « c’est cti qu’il dit qui y’est »… et ça, ça a de la gueule !

  12. Mon arrière-grand-mère, je l’ai pas connue. Mais mon père disait toujours « comme disait ma grand-mère »… alors, j’en conclus que le bon sens près de chez vous, à l’époque c’était pas le crédit à Gricole !

  13. Je ne sais pas si ils font un classement du « blog le plus commenté » chez WordPress, mais avec Pascale et moi, elle est bien partie pour une première place, Claude !

  14. je vis aussi des angoisses et des peurs. tant que c’est la peur normale qu’on peut dominer en se motivant, ou dont on peut parler avec les autres ça va encore (style : peur du dentiste, des maladies, de perdre un enfant …). L’emmerdement c’est quand ça prend à cause d’un bruit ou d’un mouvement ou d’un comportement de quelqu’un autour, ça me fait comme une explosion dans le corps, le coeur se met à battre bien trop vite et ça peut donner un malaise. Le reste d’évènements graves du passé. et encore ça s’est atténué après 20 ans. La peur comme ça, ça saisit sans prévenir, donc on peut pas s’y préparer, juste gérer l’après.

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