Le dormeur de l’Avenue Gabriel, mise à jour


A cause de mon séjour à Londres, je ne fais cette mise à jour que tardivement et j’en suis désolée, puisqu’il s’agit ici d’une grève de la faim.
Vous vous souvenez peut-être du billet intitulé Le dormeur de l’Avenue Gabriel, et surtout des commentaires qui ont suivi.
Cet homme qui fait la grève de la faim depuis bientôt cinquante jours, je l’ai rencontré avant de partir à Londres, et je vous avoue que bien que je sois loin d’être militariste, son histoire m’a touchée.
Quelles que soient les raisons qui ont mis cet homme en galère, une grève de la faim aussi longue ne vaut-elle pas qu’on l’entende, qu’on l’écoute ?
L’Armée qu’on surnomme La Grande Muette est-elle sourde et pas seulement muette ?

Le 6 mars cet article paraissait dans La République des Pyrénées, région d’où est originaire notre dormeur, cet article intitulé
L’ancien militaire béarnais assiège l’Elysée

republiquedespyrenees (by Claudecf)

Pour agrandir l’article, cliquer ici

Je n’ai ouvert l’enveloppe qui contenait le journal que ce matin, ce qui explique que je n’en parle que maintenant. Je m’en vais faire un tour en face de l’Elysée et espère bien que notre dormeur aura enfin été écouté.

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14 réflexions sur “Le dormeur de l’Avenue Gabriel, mise à jour

  1. Le dormeur est en fait un gréviste !!! J’espère de tout coeur qu’il sera entendu. En arriver à cette extrémité pour se faire entendre, cela m’a toujours révoltée 😦

  2. Je suis repassée Avenue Gabriel cet après-midi, mais n’ai pas vu Jean D. J’ai demandé à trois gendarmes (ou bien est-ce que ce sont des gardes républicains ?) s’ils l’avaient vu et avec leurs tours de garde et autres, ils ne l’avaient pas vu aujourd’hui et n’en savaient pas plus que moi. Par contre, ils sont au courant de sa grève de la faim.
    Moi aussi, Corinne, je trouve ça révoltant de ne pouvoir se faire entendre autrement.

  3. C’est bien de rendre hommage aux morts, mais il faut surtout s’occuper des vivants, ce qu’à mon avis nos corps d’armée ne savent pas faire …
    J’espère que son acte aura servi à quelque chose, bien que j’en doute. S’il n’est plus là, c’est qu’il a certainement été expulsé de son banc …

  4. Donc peut être que son combat bancal 🙂 a marché ?…

    J’aurais aimé lire l’article du Parisien mais ça ne marche pas quand je clique sur le lien, c’est normal ?

  5. Ci-après, réflexions écrites du « Dormeur de l’Avenue Gabriel »…
    ============================================================= Je suis le Capitaine Jean, appelé plus familièrement « Sous-commandant Jean ». A l’heure actuelle je vis toujours sur « mon » banc, devenu célèbre grâce au site « Vieuxcestmieux » par une photo magnifique et sobre, près de l’Avenue Gabriel, sous les fenêtres élyséennes.

    Je sais avoir été et être encore victime des discrets mécanismes d’élimination des Officiers non-conformistes.
    À l’origine de ma chute, il n’y a que jalousie et méchanceté.
    Afin de provoquer une enquête sociale, et mettre mon Chef de Corps face à ses responsabilités, je n’ai trouvé d’autre moyen que de présenter une démission que je percevais comme un appel au secours.
    Cela a eu pour résultat de me jeter à la rue, du jour au lendemain, avec une épouse enceinte, un enfant en bas âge, sans argent, dans l’impossibilité de payer mes loyers, etc.
    Depuis, et ce, jour après jour, mois après mois, année après année, je demande ma réintégration dans le service actif.
    En attendant ce retour, j’ai participé pendant des années aux activités d’Officier de Réserve où j’ai eu la surprise puis la déconvenue de constater que j’étais devenu « indésirable », me heurtant à des désagréments et au sentiment d’être devenu un gêneur. Malgré ma présence active et assidue, je n’ai jamais pu obtenir aucun point pour mon avancement au grade supérieur; au contraire, j’ai même été radié, sans motif invoqué, des cours ORSEM (École d’État-major) ! Mon parcours de réserviste s’est même terminé par une lapidation physique dans une enceinte militaire, du genre « passage à tabac »… Il va sans dire, qu’en parallèle, toutes mes demandes de réintégration successives restaient soit sans réponse, soit négatives.
    Ensuite, devant mon entêtement j’ai eu droit, dans ma vie civile, à un emballement judiciaire dont le but, assurément, était mon discrédit.
    Si la pédophilie avait été, à l’époque, l’incarnation du mal, j’y aurais eu droit…
    L’arme fatale, la pire existante utilisée, inavouable et indéjouable, a été la rumeur. (voir les paroles de la chanson d’Yves Duteil, très édifiante.)

    Le résultat est là : aujourd’hui, alors que je veux faire valoir mes droits, au regard de l’article 7 du Règlement de Discipline Générale dans les Armées, précisant que « tout Chef doit se préoccuper des problèmes matériels et moraux de ses subordonnés », la Défense Nationale fait savoir à qui veut l’entendre, que j’ai un casier judiciaire incompatible avec l’exercice d’Officier, en me faisant passer pour une crapule.
    En effet, je suis encore sous le coup d’une Liquidation Judiciaire de 18 ans, ce qui ne c’est jamais vu (cher payé pour un petit commerce de prêt à porter en financement crédit fournisseurs !). Mieux vaut tuer son prochain de sang froid, puis bénéficier d’une remise de peine au bout de 8 ans pour bonne conduite, avec aide à la réinsertion à la clef, que de « fondre les plombs » pour manque d’actif, avec saisie de tous ses biens et la note pernicieuse judiciaire affirmant que « je suis interdit de gérer des personnes physiques et morales » !…
    La ficelle est grosse mais terriblement efficace. C’est une condamnation « à vie » avec tout ce qu’il y a d’infamant, malveillant et de diabolique.
    Bien évidemment, quand vous clamez à la machination et à l’injustice, vous passez pour un paranoïaque.
    Quelques « amis qui me voulaient du bien » savaient que « Breton doublé de Béarnais », je n’aurai de cesse de revenir sur cette faute de commandement qui m’avait mis à la rue.
    Aujourd’hui encore, je ne peux être crédible et c’est un jeu d’enfant pour le Ministère de la Défense de me faire passer pour un hurluberlu. Le Haut Commandement joue sur du velours pour étouffer mon cas d’une main de fer dans un silence de plomb.

    Aussi, aujourd’hui il devient indispensable de mettre l’Autorité Militaire face à ses responsabilités. J’affirme qu’elle est coupable de ma situation, et en plus, complice de ma dérive, depuis qu’elle m’a jeté sur le trottoir.
    En effet, un homme de 18 ans qui s’investit corps et âme par vocation indéfectible dans le métier des Armes pour un avenir d’Officier, est comme un simple poisson rouge vivant dans un milieu protégé d’aquarium. Si on lui casse son vase, il se retrouve asphyxié ou condamné au rôle de proie parmi les crocodiles, les requins et autres prédateurs. Le responsable est évidemment celui qui a cassé le vase. De même, quand l’Autorité Militaire jette à l’eau un de ses Cadres, en lui attachant les mains, elle doit s’assurer qu’il sache et puisse nager. Lui octroyer un pécule, par la suite, pour se disculper, c’est comme faire la respiration artificielle à un noyé.
    Nous avons dernièrement l’exemple d’une brave femme travaillant chez P.S.A. qui a été conduite « à l’insu de son plein gré » à un « départ volontaire » (terme politiquement correct…) et s’est suicidée peu après. La logique a voulu que sa Famille demande à ce que cette disparition soit considérée comme accident du travail.

    Pour ma part, ma grève de la faim de 60 jours sur un banc parisien n’a eu pour but que de montrer à mes Chefs que je reste dans la même situation qu’ils m’ont mis. Cependant, je veux leur montrer ma résistance, mon courage et mon dévouement ainsi que mon aptitude à servir, voire leur inspirer quelque respect. Idem, lorsque j’ai fait une course à pied de 220 km en 24 heures autour des bâtiments de la Défense Nationale, une marche à pied avec sac à dos de Pau jusqu’à l’Elysée, puis une course de fond de 96 km autour de ce Palais (avant de me retrouver avec des menottes et un passage de contrôle à Sainte Anne), cela allait dans la même direction.
    Passé ce 60ème jour, j’ai dû demander un « break » avant un entretien qui m’avait été proposé devant une « haute autorité » militaire. Effectivement, il me fallait me faire rapatrier à mon domicile pour suivre des soins, voulant négocier en pleine possession de mes moyens, sans passer par la case « hôpital ». Preuve de mon affaiblissement physique (anémie), mon médecin a dû s’y reprendre à 3 fois pour mesurer ma tension: il pensait que son appareil était cassé… Pendant 4 jours je me suis nourri de protéines afin de « me regonfler ».
    Je suis à nouveau sur mon banc. Du statut de gréviste de la faim je suis passé à celui de clochard en devenir. Comme mes camarades de la rue, j’accepte tout quignon de pain et ramasse tout ce que je peux trouver, lorgnant même sur les poubelles.

    Je tiens à relater l’aventure ubuesque de mon retour au domicile:
    Vendredi dernier, 28 mars, des négociations téléphoniques ont eu lieu avec l’Autorité Militaire afin que je puisse bénéficier d’un billet SNCF aller-retour Paris-Pau. Immédiatement, ma requête trouve un écho favorable. L’octroi d’un billet de train ne semblait pas être une préoccupation pour le Ministère; j’aurais demandé à rentrer par avion, j’aurais rencontré le même enthousiasme !
    Mais, il me fallait, auparavant, me rendre à l’école Militaire pour, m’assurait-on, des formalités administratives de 5 minutes avant de rejoindre la gare de départ.
    Certes, l’Armée sait faire les choses en grand : deux voitures sont venues me quérir jusqu’à mon banc. Sous escorte, tel un VIP, j’ai rejoint l’école Militaire. En fait, l’entretien dont j’avais demandé le report n’avait pas été décommandé. Comme 15 jours auparavant, il s’agissait d’une espèce de Tribunal mondain. Là, il a été tenté de me faire comprendre que la situation n’avait pas évolué depuis la dernière entrevue d’il y a une quinzaine, mais que l’on m’aidait néanmoins à rentrer chez moi. Pour cela il avait été demandé le concours financier des anciens parachutistes de l’UNP qui finançaient le voyage… De fait, il s’agissait bien d’une tentative aussi rusée que prévisible visant à faire cesser mes revendications. Pour preuve, il m’a été consenti un billet Aller mais sans retour… Avec accueil en gare d’arrivée, s’il vous plaît, et conduite en véhicule jusqu’à la porte de mon domicile, allant jusqu’à s’assurer qu’elle m’était bien ouverte !…
    Bien sûr, ensuite personne ne m’a plus donné de nouvelle quant à une possibilité de retour sur mon banc élyséen !…
    J’ai dû emprunter, encore une fois, à une bonne âme, pour financer mon billet retour.
    Je suis donc à nouveau là. J’attends plus que jamais que la plus haute Autorité Militaire fasse les propositions attendues et promises sur mon sort et que les « bouffâneries » cessent.
    Ce qui me scandalise dans ces réunions c’est que leur déroulement porte la marque de leur metteur en scène : un Colonel du Ministère, gardien du Temple qui revendique haut et fort, devant témoins, « que si les Ministres passent, lui reste en place » (…) La « force de dissuasion ne pouvant être laissée à n’importe qui » (sic).
    Je suis un soldat au service d’une Démocratie où les Élus détiennent le pouvoir légitime. Certainement ce Colonel se sent-il en droit de passer outre l’avis de son Ministre de tutelle, quitte à comploter.

    C’est ce qui me différencie des militaires qui servent avant tout leur carrière: je reste un soldat à solde, qui croit toujours à l’idée première de la France, avec ses intérêts liés et l’accord de tout un Peuple sous le sacro-saint pouvoir de nos hommes politiques, sinon à quoi bon élire un Président, des Ministres et une Assemblée Nationale ?… D’ailleurs, il a bien été dit que « la guerre était une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires »…(Georges CLEMENCEAU)
    Le Ministre de la Défense dira, j’en suis sûr,que « j’en fais trop ». Cependant, mon but, hormis retrouver l’honneur et mes fonctions, est de lui faire comprendre que ce sont les mêmes qu’hier, qui aujourd’hui me manipulent afin de m’écarter à jamais. « Les loups ne se mangent pas entre eux » et ne sont pas encore rassasiés. En définitive, si mon combat tourne en ma défaveur, c’est LUI, Ministre, et personne d’autre qui sera accusé de ma mort. Car j’irai jusqu’au bout, j’ai dit. Enfin, il ordonnera une vraie enquête pour qu’on connaisse les réelles machinations, genèse de l’histoire. Cela suffira-t-il à le disculper? Ne serait-ce qu’aux yeux de ma Famille qui a été traumatisée par toutes ces années de galère. Je ne défends pas ma « vallée » comme l’a fait un Député célèbre, mais ma Famille et mon honneur : cela n’a pas de prix. Quand bien même je serais l’heureux gagnant du jack pot de l’Euromillion, mes démarches resteraient les mêmes.

    Mon combat doit être respecté et je trouve dommage que la Presse et les média soient intoxiqués et dissuadés de s’intéresser à mon cas. Preuve que la Presse dite démocratique sait se museler si elle a des consignes ou des informations erronées. Pourtant, si cela tourne mal, je suis en affaire avec un Éditeur prêt à publier mes courriers et la trame de cette dernière aventure qui dure depuis le 28 janvier. Ces pages de littérature vaudront bien celles que j’ai parcourues dernièrement, écrites par des auteurs politiques !
    Parmi eux, pas un Zola pour réécrire « J’accuse ». Si j’ai bien croisé la très respectable Madame Simone Veil lors des signatures à la 17ème Journée des livres politiques, je n’ai pas osé la déranger. Peut être aurait-elle eu le courage, si rare à notre époque, de s’afficher auprès de quelqu’un entaché d’un casier judiciaire ?…
    Hier, j’ai été tenté de faire le Marathon de Paris, mais à quoi bon ? Si François Mitterrand avait marché sur l’eau, on l’aurait accusé de ne pas savoir nager. Pour ma part, après mon régime forcé, réussir cette course aurait fait dire aux militaires que je pouvais encore tenir, et s’affaler durant l’épreuve, les persuader de mon inaptitude… Dans les deux cas, j’étais perdant. Rappelons-nous ce Capitaine qui attendait son avancement en vain. On avait dit de lui: « dommage qu’il boîte un peu », malheureusement, on avait écrit dans ses notes: « dommage qu’il boit un peu ». Ainsi sont les aléas des carrières lorsque des supérieurs hiérarchiques ne font pas leur travail avec honnêteté. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. »

    oOo

  6. Pingback: La parole est au dormeur de l’avenue Gabriel « Vieux, c’est mieux!!!

  7. Cet article devrait mettre en évidence le fait qu’un militaire n’a AUCUN DROIT à la défense.
    Sommes-nous en 2008 ou en 1918 ?…
    Aucune évolution et la Grande Muette règne toujours en Maître, dans ses intrigues et sa puissante volonté de nuire à ceux qui tenteraient de faire valoir leurs Droits.

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