Survivre avec les loups


Je suis allée voir Survivre Avec Les Loups, dont je n’avais ni entendu parler ni vu de bande-annonce en pensant voir un film de genre animalier, ou quelque chose du genre de l’Enfant Sauvage de Truffaut.
Les quelques premières minutes m’ont immédiatement détrompée parce qu’il s’agit en fait de l’histoire d’une petite fille juive de huit ans, Misha, dont les parents sont déportés, et qui après quelques péripéties va partir à leur recherche à travers l’Europe, en marchant toujours vers l’Est, guidée par une petite boussole.
Une histoire vraie, issue du récit de Misha Defonseca, que je n’ai pas lu.
Au bout d’un quart d’heure, je me suis mise à pleurer de façon presqu’incontrôlable et ai été, pendant tout le film, remuée par la rage, le chagrin et sans doute l’empathie.
Le critique du Monde, intitulée « Survivre avec les loups » : raconter la Shoah aux enfants, écrit :

Tout en racontant cette histoire simple et stupéfiante, du point de vue d’une gamine, et avec autant d’énergie que de répulsion pour l’apitoiement, Véra Belmont mène plusieurs films de front : le film animalier, sans la mièvrerie du Renard et l’Enfant ; la variation sur le mythe de l’enfant sauvage que son long isolement rend difficile à la réinsertion dans une société humaine ; le conte tragique, et fantastique, évoquant les histoires d’enfants-loups dont l’Allemagne est friande et le fameux Mowgli du Livre de la jungle de Rudyard Kipling ; la réflexion sur la Shoah…

Les horreurs des camps et du nazisme sont évoquées, mais jamais montrées. L’une des scènes qui m’a le plus bouleversée se passe en Pologne ou en Russie, je ne sais plus, dans la forêt où des enfants échappés à l’éradication d’un ghetto se sont sauvés et réfugiés dans une cachette qu’ils ont fabriquée. La petite Misha passe avec eux une nuit, et au matin, en sortant du trou où ils ont dormi, ils aperçoivent alentour des miches de pain qui les invitent à manger.
J’ai pensé naïvement un instant que des gens du voisinage cherchaient à aider les enfants.
Misha, elle, comprend tout de suite qu’il s’agit d’un piège, et essaie de les convaincre, sans succès, parce qu’elle et les autres ne parlent pas la même langue, de s’enfuir. Elle échappe au piège, et on voit des soldats allemands en armes commencer à pourchasser la bande d’enfants. Misha s’enfuit en courant à toutes jambes, au son des coups de fusils.

Ce film de Véra Belmont m’a tourneboulée, du début à la fin, et je suis incapable de la moindre critique.

Mathilde Goffart, la petite Misha, est extraordinaire et les quelques acteurs adultes qui l’entourent sont tout aussi remarquables, Guy Bedos et Michèle Bernier, presque méconnaissable, et Yaël Abecassis, pour ne citer qu’eux.

La bande annonce :

  • Dans Télérama
  • Dans Le Monde
  • Dans TélécinéObs
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8 réflexions sur “Survivre avec les loups

  1. J’avais vu la bande annonce il y a plus d’une semaine, ainsi que l’interview du vrai personnage du film et j’ai trouvé cela poignant. C’est l’un des films qui sont sur ma liste à voir.

  2. Bonjour Claude…
    J’ai lu le livre et comme cela m’arrive souvent je n’ai pas envie de voir son adaptation au cinéma.
    J’admire par ailleurs ta maîtrise de l’informatique avec ce superbe blog.
    Je viendrai peut-être te demander des conseils mais j’ai un Mac et souvent les gens ne peuvent m’aider.

  3. @ Rosa, oui, je te comprends, on est souvent déçu par les adaptations. Par contre, je ne déteste pas voir un film après avoir lu le livre 🙂
    Moi aussi, j’ai un Mac, je n’ai d’ailleurs jamais eu autre chose.

  4. J’ en ai entendu parler et, je suis très tentée par ce film ….surtout après avoir lu ta critique . Je suis contente de retrouver tes articles .

  5. J’aimerais voir ce film avec ma fille de 6 ans. Pensez-vous qu’elle est trop petite pour ce genre de film?

    Amicalement,

    Kasia

  6. Kasia, il n’y a que vous qui puissiez en juger. L’une des critiques que je cite, dit que c’est un film à voir en famille, mais il me semble que j’aurais fait des cauchemars pendant longtemps si j’avais vu ce film à cet âge-là. Ceci dit, on peut montrer des tas de choses aux enfants, si on est avec eux et qu’on explique !
    Ce qu’il y a de certain, c’est que les adultes y apparaissent sous un jour très pessimiste et qu’on ne peut guère leur faire confiance !

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