Express ou filtre ?


Hier après-midi, j’avais décidé d’aller voir I’m Not There, pensant que j’allais voir un film sur Bob Dylan, –je n’en dirai rien, n’ayant rien compris à ce qui se passait sur l’écran–, et comme j’étais en avance et qu’il ne faisait pas très beau, je suis entrée prendre un café à Montparnasse en face du cinéma. Le café où j’étais doit être l’un des derniers cafés où les garçons sont aimables, voire joviaux (ou jovials, si vous préférez –je viens de vérifier, on peut dire les deux) ! Celui qui m’a servi hier a plaisanté avec tout le monde et en particulier avec une vieille dame,

une vieille connaissance, une dame que je connais depuis plus de dix ans et pour qui j’ai le plus grand respect

a-t-il annoncé à la cantonade en lui faisant la bise. Tous deux semblaient ravis l’un de l’autre.
Du coup, j’en avais presque du mal à me concentrer sur le livre que je suis en train de lire, un livre d’Art Buchwald que je lis en anglais, histoire d’entretenir mes restes, I’ll Always Have Paris (j’aurai toujours Paris) dans lequel il raconte ses années passées à Paris après guerre, lorsqu’il écrivait pour l’International Herald Tribune. Outre le fait que c’est un livre désopilant, je suis tombé sur un passage qui a ravivé des souvenirs. Buchwald y parle longuement des terrasses de café et raconte qu’à l’époque, juste après la guerre, on ne commandait pas un café, mais un filtre. J’avais complétement oublié ça !
Maintenant, si on disait:

Garçon, un filtre s’il vous plaît !

je ne suis même pas sûre qu’on serait compris.
On est passé du filtre au café, ou au noisette, le café avec une larme de lait, et il me semble qu’à une époque, on disait ‘un express ou bien était-ce un expresso ?

Sidewalk caféEn tout cas, j’ai revu dans ma tête les ‘filtres’ qu’on apportait à notre table, tasse et filtre par-dessus, et quand le café avait fini de s’écouler, on enlevait le filtre lui-même, une sorte de passoire métallique, ou en céramique qu’on posait sur une soucoupe, ou une autre tasse et on était prêt à déguster son café.
Je ne me souviens pas si le café de l’époque était bon ou pas, il a été depuis si longtemps supplanté par le café tel qu’on nous le sert maintenant, le café à l’italienne, que j’ai oublié son goût. Mais je me suis dit qu’à l’époque, on prenait davantage son temps, on y était amené par la lenteur des choses et du monde qui nous entourait, et que peut-être, ce n’était pas plus mal.

Bien sûr, je vous parle d’un temps que les moins de … cinquante ans ? ne peuvent pas connaître.

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8 réflexions sur “Express ou filtre ?

  1. Je me souviens du café filtre, mais il a été remplacé très vite au début des années 1970 par l’express (mon premier séjour en France date de 1970). Et on disait « un express », et non pas « un espresso », à l’époque. Un express, un double express, disait-on. Le capuccino était inconnu au bataillon, ainsi que le noisette. On pouvait commander un crème ou un grand crème. Les gens qui aimaient prendre un filtre sont maintenant obligés de commander un café allongé, c’est-à-dire un express dans une grande tasse avec de l’eau chaude pour le diluer. Je ne sais pas si ça a le goût d’autrefois.

  2. Le café filtre au Café, ça je ne m’en souviens pas, mais mon papa commandait toujours un express (déjà dans les années 60), et même que je croyais que c’était une sorte d’argot de cheminot… 🙂

  3. Le café filtre, on te le sert encore au Vietnam … où ils ont un excellent café, très parfumé, d’ailleurs !
    Chez nous on dit encore un expresso, mais moi qui ne bois presque plus de café, quand je suis en Italie (CAD tout le temps), je demande un marocchino, c’est un petit cappuccino, mais avec beaucoup de chocolat amer. Sinon du côté italien la mode est à l’expresso au ginseng, à la vanille et autres parfums, avec un Ciao Bella en prime !
    Bonne fin de semaine Claude.
    Amitiés
    Domi

  4. Yes, Claude, I remember many café express with you and Roland at the cafe across from l’Hôpital Lariboisière. The garçons would yell out, « un express, UN! » or « deux express, DEUX! », and so forth, depending on the number of cafés ordered.

    This may be telling tales out of school, but Claude used to join me for pinball outings, which were usually arrosés with one or more express. Do you think we really needed the additional stimulation, Claude, in addition to those nerve-racking pinball machines.

  5. J’emploie toujours un filtre chez moi. Il n’est pas difficile à trouver des machines à filtre, mais il me semble qu’il faut un peu d’effort pour trouver un simple porte-filtre qui reste sur une tasse individuelle. J’en avais un en céramique qui s’est cassé, mais il me fallait un voyage à Paris pour le remplacer – à Monoprix.

    Mais dans les cafés, autant en Angleterre qu’à Paris, c’est vrai que pour la plupart le style italien – ou italo-américain – domine. Demander un « caffe americano » au lieu d’un simple café noir me semble un peu trop maniéré: à ne rien dire du « plaisir » de se trouver en ligne après toute une groupe de gens qui demande des cappucinos, des « skinny lattes », etc., etc…..!

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