Still Life


Ce film chinois m’a beaucoup intéressée mais m’a laissée assez perplexe. D’abord, il faut que je vous avoue que j’ai dormi un peu au début, non parce que je m’ennuyais, mais parce que je venais de déjeuner et que ça me rend toujours très somnolente. Comme j’aimerais que ce ne soit pas le cas ! 😉

Le film commence donc par l’arrivée dans une ville de Chine d’un ouvrier à la recherche de sa fille et de sa femme dont il est séparé depuis 16 ans. Il décrouvre vite que l’adresse qu’il a n’existe plus, parce que la ville de Yichang a été inondée à la suite de la construction d’un barrage. Intervient alors mon assoupissement, et je me réveille avec une autre histoire, celle d’une jeune femme, d’une tout autre classe sociale, qui vient à la recherche de son mari, parti depuis deux ans pour construire un pont. Et mon problème, c’est que j’avais l’impression d’avoir manqué le lien entre ces deux personnes. Le reste du film, je l’ai passé à imaginer toutes sortes de liens qui n’existaient pas, à me dire qu’il s’agissait peut-être d’un flash-back, puis j’ai abandonné.
Le titre ne pouvait m’éclairer –Still Life, ça signifie « nature morte »– pas plus que l’affiche où l’on voit l’homme d’un côté et la femme de l’autre.
J’ai lu que le titre chinois se traduirait plutôt par Les braves gens de Trois Gorges (Trois Gorges, c’est le nom du lieu du barrage).

Mes lectures ont confirmé qu’il s’agissait bien de deux histoires parallèles, n’ayant rien de commun, sinon le lieu où elles se passent.
On a tout de même une image de la Chine qui est très dure et loin des lumières de Shanghaï ou des couleurs chatoyantes de l’Opéra de Pékin.
Curieusement, j’ai le souvenir d’un film en noir et blanc alors que ce n’est pas le cas. Mais cette ville en cours de destruction, que des hommes à moitiés nus démolissent à coup de marteau, tandis que d’autres vêtus de combinaisons lunaires passent derrière eux en désinfectant, elle m’est apparue grise. Les moments de couleur dont je me souviens, c’est lorsque ces hommes qui viennent de coins très différents de la Chine montrent les régions d’où ils sont originaires sur des billets de banque en couleur.
J’ai été frappée également par le fait que, parlant des dialectes différents, les personnages ont parfois du mal à se comprendre.
Dernier détail, l’omniprésence, tout comme chez nous, du téléphone mobile, chacun a le sien et s’en sert !
Bref, un film intéressant, mais souvent difficile. Pas du tout racoleur.

Ajouté après coup:
Je viens de tomber dans Le Monde sur un article de Thomas Sotinel intitulé Jia Zhang-ke : regards sur une Chine brutale. A lire.
J’ai omis de dire que ce film a obtenu le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2006

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6 réflexions sur “Still Life

  1. J’ai vu des reportages sur ces villages qui vont être engloutis par cet immense barrage … de quoi voir la vie en noir et blanc comme tu le dis ! La Chine en marche laisse beaucoup de gens sur le bord du chemin … Je suis comme toi, difficile de rester éveillée devant un film sur la digestion ;))

  2. La somnolence m’a aussi touchée et une copine m’a avoué s’ être échappée dans le sommeil quelqes moments aussi au cours du film, mais ce n’était pas au même moment, on peut donc penser que cel tient plus à la fatigue de la spectatrice occidentale qu’au rythme du fiilm.
    Moi, j’ai donc imaginé un autre raccord à mon début de film : la jeune femme serait la fille de cet homme parti il y a seize ans, même si de toute évidence elle a plutot la petite trentaine que seize ans … Ah l’imagination …
    À propos de la couleur, ce qui a attiré ma curiosité, c’est l’aspect surexposé des paysages de l’arrière-plan, une évocation des estampes ?
    Ce film est à recommander, il montre sans effet psychologiique ni politique, un morceau de réalité contemporaine de la Chine bien loin des intrigues tortueuses de « La cité interdte ». Les individus, désorientés, sont eux-aussi en chantier.
    C’est un beau film, qui reste dans la mémoire.

  3. Ah j’ai vu la bande annonce de ce film. Finalement ce que tu écris ne m’incite pas trop à aller le voir.
    En revanche j’ai très envie d’aller voir Irina Palm avec Marianne Faithfull.

    @Patriarch : c’était bien Elise ou la vraie vie, j’ai bien aimé le bouquin de Claire Etcherelli aussi.

  4. Tu as donc vu 2 films ! il m’ est arrivé de m’ endormir au cirque :-)) je devais être bien fatiguée ! tu vois je me cherche actuellement ……Bonne soirée Claude .

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