Vision du matin

Deux ans que je n’ai rien posté ici, ou ailleurs du reste, sauf des photos sur Flickr.

C’est que ma vue avait tant baissé, effets conjugués de la DMLA de mon œil gauche et de la cataracte des vieux sur les deux yeux… j’en étais au point où je n’identifiais pas mon petit-fils quand j’allais le chercher à l’école. 

Heureusement, lui, il voit bien!
Depuis une semaine, cataractes envolées ou plutôt retirées, et l’effet me paraît miraculeux.
Je retrouve des couleurs oubliées, je distingue les visages, grâce a mon œil droit qui lui, n’est pas encore vraiment atteint de DMLA.
J’en profite pendant que ça dure. J’ai pris cette photo, un matin de la semaine dernière, un matin où il faisait beau.

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Pluie et Grisaille

Pluie et grisaille

Rainy day

Cette photo, je l’ai prise hier. J’étais dans la passerelle qui traverse la rue Linois, de l’un des bâtiments de Beaugrenelle à l’autre, celui où se trouve Marks & Spencer’s, que, en bonne ancienne angliciste, je visite souvent.

Bien des gens du quartier médisent sur les centres commerciaux en général, maugréent en parlant de Beaugrenelle, mais moi, je trouve que quand il pleut, ou qu’il fait très froid, c’est plutôt agréable d’aller faire du lèche-vitrines à l’abri, même si on n’achète rien. Et puis il y a les cinémas, à portée de la main.
Donc tant pis pour les grognons, moi, j’en profite

Préservez votre intimité !

C’est la phrase que j’ai le plus entendue, lors de ma courte hospitalisation pour cause de (ô délices !) coloscopie additionnée de fibroscopie.
Au moins je ne me suis pas déplacée pour rien, puisque le gastro a trouvé quatre polypes d’un côté, et pour faire bon compte, quatre de l’autre. Ce qui signifie, hélas, retour à la case départ dans trois ans. Si du moins, comme on peut l’espérer, ils sont tous de caractère bénin. Mais notre homme ayant l’air optimiste, je le serai aussi.
Par contre, le système hospitalier français que je pratique depuis mes quarante ans, l’âge auquel je me suis livrée pour la première fois aux délices de la préparation à la colo, n’a fait que dégringoler.
Je passerai sur cette préparation, car ce n’est vraiment pas le plus ragoûtant, pour aller directement à mon arrivée à la clinique où pratique mon — par ailleurs charmant — gastro.
Après les formalités d’usage, me voici en face de la personne (une infirmière ?) qui s’occupe de nous, les opérables. Elle me donne un sac en plastique et m’explique l’usage de chaque chose, une charlotte pour mes cheveux, des sortes de chaussons pour mes pieds, et les deux choses les plus importantes, une sorte de vêtement bleu jetable, tout synthétique avec quatre attaches à nouer devant, pour, me dit-elle, mon intimité, et une culotte tout aussi jetable, et tout aussi indispensable à mon intimité.
J’entre dans un minuscule espace où je me cogne de tous côtés pour parvenir à me déshabiller d’abord, puis à enfiler le vêtement, que j’arrive à peine à fermer.
Quant à la culotte, elle est bien trop petite pour moi, et ne parvient pas à dépasser mes genoux, j’y renonce donc. Seule mon intimité du haut sera vaguement préservée !

Nous allons ranger mes affaires dans une placard et je m’assois dans l’un des fauteuils alignés dans la salle d’attente.

J’enfile les chaussons, qui sont là, si j’ai bien compris, pour l’hygiène, mais qui vont marcher avec moi là où tout le monde marche avec les chaussures qui ont été dans la rue, m’emmener aux toilettes, puis me faire revenir dans la salle où on va m’anesthésier et grimper avec moi sur le lit où vont avoir lieu les deux interventions. Hygiène ? Bon, je veux bien.

Exactly how I feel about doctors!

Lorsque je me réveille, l’anesthésiste vient voir si tout va bien, heureusement c’est le cas, et l’infirmière pousse mon lit vers une autre salle, où dans un premier temps, je suis toute seule. Un peu plus tard, on m’apporte un petit déjeuner qui réconforte. Et encore un peu plus tard, apparaît, poussé sur son lit, tout comme moi, un monsieur, qu’on met à côté de moi, après avoir mis un vague rideau qui est censé nous séparer, et ne va que jusqu’à nos genoux. Un deuxième arrive, dans les mêmes conditions.
A nouveau, j’ai besoin d’aller aux toilettes et dois donc passer devant les deux messieurs qui ont bien de la chance de pouvoir être torse nu, alors qu’il faut que j’arrive à m’envelopper dans mon intimité.

Alors pourquoi dis-je que le système hospitalier a bien baissé ? Il y a 28 ans, lorsque j’allais faire une coloscopie, je partageais une chambre avec une personne du même sexe que moi. Ceci pendant une bonne dizaine d’années, puisqu’il me fallait y retourner assez souvent, pour cause de polypes récurrents.

Puis, plus de chambres, mais des sortes de cubicules, séparés par une mince cloison, qui laissait entendre tous les bruits qui s’y produisaient. Peu agréables bruits, certes, s’agissant de suites de coloscopie, mais à côté de mon expérience d’il y a quelques jours, quel luxe !
Maintenant, plus de mince cloison, juste un rideau quelque peu délabré entre chaque lit.
Pauvre Assistance Publique.
Et compte tenu du trou de la Sécu, ça ne risque pas de s’arranger.

Larmes d’Albâtre

Larmes d'Albâtre by Claudecf
Larmes d’Albâtre, a photo by Claudecf on Flickr.

Musée de Cluny

Les Pleurants du tombeau de Jean Sans Peur exposés dans une très belle scénographie au Musée de Cluny

Le cadeau

A l’issue d’un atelier d’écriture sur le thème de la fiction brève, voici l’un des textes produits grâce aux conseils éclairés de Martine et de mes co-stagiaires.
Ce fut difficile, mais comme toujours très intéressant.

Sailing

Jamais Jean-Marc n’aurait cru que ce cadeau d’anniversaire préparé avec tant d’amour aurait de telles conséquences. C’était un ravissant petit bateau qu’il avait confectionné pour son fils. Fait de morceaux de carton, d’allumettes, de bouts de tissu, qu’il avait rassemblés, collés, et peint de couleurs vives, il avait fière allure, le petit navire.

Lorsqu’il défit le paquet, Jean-Marc lut l’émerveillement dans les yeux de Bertrand. Le garçon saisit l’embarcation, la déposa dans le ruisseau du caniveau, … sauta sur le pont, trouva son équilibre et descendit le courant.

Du trottoir, le père hurlait et gesticulait. Bertrand ne regarda pas en arrière mais se laissa voguer avec délices vers un petit ru, ravi de cette liberté inattendue et nouvellement gagnée.

Un peu plus tard, il passa sous un pont, sentit le bateau sombrer sous ses pieds, s’élança sur la rive, et tout content de s’en être tiré à bon compte, se dirigea vers une porte entr’ouverte qu’il franchit sans hésiter.
Tout au bout d’un long tunnel sombre, il aperçut avec soulagement la flèche lumineuse, accompagnée de l’icône du petit homme vert qui indique la sortie.

Il poussa la porte et sentit son pied s’avancer dans le vide.